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Projet européen AAoutils :
Analyse de la situation en Belgique
et recherche des outils pédagogiques existants
ANLH - janvier 2002
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1. Méthode de travail
2. Analyse de la situation actuelle
3. Recherche des outils pédagogiques existants
1.Méthode de travail :
La première démarche fut de comprendre la philosophie dintégration de la personne handicapée en Belgique et détablir le bilan daccessibilité général des villes belges.
Ensuite, après avoir réalisé le listing (voir en annexe) reprenant les écoles darchitecture, assurances pour architectes, ou encore toute autre association ou bureau darchitecture potentiellement intéressé par ce projet, nous les avons contactés et rencontrés afin quils comprennent le but de ce projet et ainsi puissent nous aider au mieux. La collecte dinformations sest donc effectuée sous forme de discussions, ce qui sest avéré le moyen le plus efficace étant donné le peu de précisions disponibles (un questionnaire rigoureux nétait donc pas envisageable).
2. Analyse de la situation actuelle en Belgique
Le principe de lintégration de la personne handicapée est de plus en plus reconnu dans les différentes Régions belges mais se manifeste par des législations différentes avec des impacts différents.
- Question autonomie de la personne, cest la Flandre la plus avant-gardiste avec sa législation sur les assistants personnels (la personne handicapée choisit et paie son ou ses assistants sur base dune allocation perçue à cet effet). En Wallonie, malgré un discours politique dintégration, les institutions daccueil et de protectionnisme sont encore fort soutenues.
- Question intégration : la législation est souvent en défaveur de la personne handicapée qui veut sintégrer, principalement pour des raisons financières (en cas de mariage, de travail,
)
Concrètement les personnes handicapées sont encore fort prises en charge et le choix dautonomie et dintégration est souvent un choix difficile tant limpact financier et social est important et discriminatoire.
- Question accessibilité : Bruxelles impose depuis le 1/1/2000 laccessibilité de tous les lieux ouverts au public pour les nouveaux bâtiments et les rénovations lourdes. La situation est similaire en Wallonie. En Flandre, application dune vielle loi de 1975 jamais appliquée.
Concrètement la Belgique est un mauvais exemple en matière daccessibilité (et Bruxelles, tout particulièrement mauvais). Les nouvelles lois vont sans doute pouvoir progressivement remédier à cela.
- Question transport : jusquil y a peu, aucun transport public nétait accessible. Des services de minibus adaptés assuraient un transport pour les personnes handicapées mais avec de très grandes lacunes en matière de services. Des organismes privés travaillent également, de meilleure qualité mais aussi beaucoup plus chers. Depuis 2001, petit à petit, des dispositions nouvelles sont prises en faveur de laccessibilité du métro, des gares, des bus et trams à planchers bas avec rampes rétractables et aussi pour les métros. Mais cela avance très lentement. Une nouvelle législation (2001) encourage le développement de services de taxis pour tous mais la sensibilisation des sociétés de taxis est lente. Concrètement la Belgique et particulièrement Bruxelles, Capitale de lEurope, sont montrés comme mauvais exemples en matière de transport par la CE.
3. Recherche des outils pédagogiques existants.
Dune manière générale, en Belgique, rien nest prévu au niveau de lenseignement du " Design for all ", ou de linformation théorique concernant les normes ou prescriptions daccessibilité. Ceci explique certainement laccueil enthousiaste réservé au projet de la part de la plupart des personnes rencontrées.
Cet enthousiasme fut ressenti essentiellement dans les écoles, celles-ci jugeant indispensable dintégrer cette problématique dans leur cursus futur. Selon lavis de beaucoup denseignants, laction qui aurait le plus dimpact auprès des étudiants pourrait être un concours dans les écoles darchitecture. Ceci permettrait lintégration dune démarche préalable dinformation théorique, éventuellement basée sur lexposition de projets " exemplaires ".
On peut dès lors souligner linitiative denseignants de certaines écoles en Flandre qui ont mis en route un projet de sensibilisation des étudiants en architecture au design for all pour une période dun an (2001-2002).
Au niveau des compagnies dassurance pour architectes, par contre, la réaction fut plus nuancée. En effet, beaucoup dassureurs ne couvrent pas les fautes résultant de la mauvaise application de lois ou réglementations, ce qui est souvent le cas pour les procès engagés à lencontre des architectes dans le domaine de laccessibilité. Ils disent donc navoir aucun intérêt à organiser des formations pour leurs clients. Par contre, ils acceptent généralement volontiers de diffuser l information, notamment via leurs sites internet.
La seule véritable formation spécifique qui existe est dispensée par lordre belge des architectes pour les stagiaires. Il sagit dune formation de deux heures sur : " la réglementation concernant les handicapés ".
Les deux tableaux proposés en annexe présentent dune part les contacts établis, et dautre part une bibliographie, qui seront tous deux amenés à évoluer au fil du projet.
On peut encore souligner quelques projets de formation initiés dans le passé :
1. AWIPH : étude des besoins de formation à laccessibilité de huit villes wallonnes ; proposition pour un module de formation.(1999)
Il sagit :
- dun état des lieux concernant laccessibilité des établissements publics, voiries, transports, dans huit villes de Wallonie : Charleroi, Mons, Braine le comte, Aiseau-Presles, Commines-Warneton, Chapelle-lez-Herlaimont, Fontaine lEvêque et La Louvière.
- détudier les besoins de ces communes en formation à la problématique de laccessibilité (module destiné aux " élus " et techniciens locaux prévu par lAWIPH)
Méthodologie :
- première journée de sensibilisation au projet détudes (tour de ville, rencontres avec les " élus ")
- deuxième journée détude plus détaillée dun exemple de bonne pratique, dans une ou plusieurs des villes candidates, jugé structurant et porteur, qui servira de base à la formation
- rencontre avec linstitut darchitecture de Mons.
- Analyse des réglementations belges et comparaison avec les nouvelles réglementations françaises.
- Analyse des travaux de GAMAH, de lANLH, des pratiques locales des villes de Liège et de Huy
- Rédaction du rapport final.
Objectifs de la formation à laccessibilité
- Réponse immédiate à des besoins et moment dune stratégie de plus long terme.
- Eléments dune politique locale daccessibilité à tous :
- Mettre en chantier des projets locaux structurants: expérimentations.
- Approfondir la concertation entre villes et associations de personnes handicapées.
- Mettre en perspective les interventions (changements de réglementation,
des initiatives techniques, changement de culture).
- Travailler en réseau (nouer des contacts entre villes, avoir une
meilleure connaissance des exemples européens).
Propositions pour le module de formation.
- Public cible : architectes, urbanistes, agents techniques et élus locaux.
- Période : quatre jours répartis sur les 4 semaines dun mois.
- Pédagogie : formation vivante, interactive, rencontre avec des spécialistes, initiation à lexploitation des possibilités dinternet sur la thématique.
- Contenu: éléments techniques replacés dans un ensemble.
2. Accessplus : Concours organisé dans trois écoles darchitecture de Liège (première expérience en 1999).
En 1999, face à lignorance du le public concerné (les concepteurs) en matière daccessibilité, Accessplus fut amené à se poser cette question : existe-t-il des cours sur laccessibilité ou le design for all au niveau des écoles formant les concepteurs et les décideurs de demain?
Dans le but dy répondre, ils contactèrent dans un premier temps les professeurs des écoles darchitecture de Liège (Lambert-lombard ; St Luc). Ils réalisèrent alors sérieusement que ce genre de formation était totalement inexistante. Le problème était tout au plus suggéré aux étudiants lors du projet darchitecture, mais sans contrainte réelle dintégration.
Il fut donc décidé que la situation devait changer.
Un prix daccessibilité fut proposé pour les projets de fin détudes (en cinquième année). Ils contactèrent les professeurs qui sétaient montrés les plus sensibles au problème de laccessibilité architecturale lors de la première rencontre. Ceux-ci acceptèrent de jouer le jeu et dintégrer les réglementations en matière daccessibilité dans les contraintes du projet darchitecture.
La première expérience fut une réussite : ils réitérèrent donc linitiative. Le premier prix était de 50000 francs.
Au niveau de la promotion et de la diffusion dinformations, plusieurs moyens de communication sont utilisés pour ce concours : brochures, affiches, invitations officielles au jury (administrations, médias, presse, télévision), conférence de presse,
3. Colloque de la Croix Rouge (1997) : Sensibilisation à laccessibilité architecturale.
Partant du constat quil existe une lacune réelle au niveau de lenseignement de laccessibilité pour tous, la Croix-Rouge de Belgique a organisé une journée dinformation dans plusieurs écoles de Belgique.
Cette journée était articulée en plusieurs temps :
- un exposé théorique
- une projection de diapositives (présentant des mises en situation dans des lieux inaccessibles)
- des mises en situation
Cette expérience fut tentée avec les élèves de 4° et 5° année, ce qui ne servit pas lefficacité du projet. En effet, ceux-ci ont déjà acquis des réflexes architecturaux, de nouvelles données sont difficilement intégrables dans leur horizon.
Leur conclusion fut quil eut été idéal de commencer la sensibilisation dès la première année.
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