Accessibilité des voiries - un espace public pour tous

Constats et Analysessm_logo.gif (1681 octets)

Lorsque le déplacement par la marche n’est pas encore acquis, est difficile ou perdu, l’homme fait appel à des aides techniques. C’est ainsi que :
  • l’enfant est promené en landau ou en poussette,
  • la personne âgée a recours à une canne ou une tribune,
  • la personne accidentée marche avec des béquilles.

Les dimensions anthropométriques

Les difficultés motrices

Les aides à la marche

des01.gif (5516 octets)Les concepteurs et les aménageurs de l’espace public doivent principalement appliquer les principes d’accessibilité pour des personnes ayant recours à des aides à la mobilité.

Comme ces aides à la marche ont des dimensions spécifiques, il y a lieu d’en tenir compte dans la conception et l’aménagement des cheminements, des passages et des entrées d’immeubles.

lg_07.gif (462 octets)lg_12.gif (446 octets)En effet, les personnes avec une canne ou des béquilles occupent en largeur un espace minimal de 75 à 90 cm; les personnes encombrées ou accompagnées d’un aidant nécessitent de 1,10 à 1,20 m et le parent poussant un landau occuppe 1,70 m en longueur (dessin 0.1.1.a).

Pour tous, la nature de la surface du sol est primordiale. Le revêtement doit être plan, non glissant et praticable par tous les temps.

Les fauteuils roulants

lg_02.gif (365 octets)Il existe différentes sortes de fauteuils roulants : à commande manuelle ou électrique, «à pousser», sportif, ultraléger, à grandes roues avant, ...

lg_03.gif (366 octets)Le fauteuil roulant électrique avec moteur et batteries convient pour les personnes plus faibles. La grande différence avec le fauteuil manuel, c’est son poids; le fauteuil électrique équipé de ses batteries pèse de 40 à 140 kg.

Les fauteuils roulants dont les dimensions correspondent à la norme ISO 7193 (1,20 m x 0,70 m) représentent 85 % du marché. Des modifications de forme et de conception, le choix des couleurs et de nouveaux matériaux ont transformé l’image du fauteuil roulant. Les améliorations technologiques le rendent plus léger, plus maniable, plus stable et plus facilement repliable.

Mesures

des02.gif (6082 octets)D’un point de vue anthropométrique, la personne en fauteuil roulant occupe une largeur de plus ou moins 90 cm.
Cependant, au niveau des voiries, une largeur de 1,20 m est indispensable pour permettre le passage en présence d’un obstacle (dessin 0.2.1.a).

Pour les personnes en fauteuil roulant manuel, leurs performances de déplacement dépendent de leur capacité musculaire. La circulation est en effet plus aisée sur des cheminements en pente dont la dénivellation ne dépasse pas 5 cm/m sur 10 m maximum. Plus la pente est importante, plus elle doit être courte.

Le dévers (pente transversale) provoque également une fatigue qui, à la longue, devient rapidement insupportable lorsqu’il dépasse 2 cm/m.
Malgré ses possibilités de progression, le fauteuil électrique est incapable de franchir aisément des ressauts de plus de 2 cm. Ce franchissement est surtout rendu difficile par le fait que le diamètre des roues directionnelles est plus petit que celui des roues motrices.

Les zones de préhension

Atteindre et voir sont des «gestes» quotidiens. Suivant la taille et la position (debout ou assise), l’atteinte et la vision varient. Le concepteur doit en tenir compte.

La zone d’atteinte de la personne circulant en fauteuil roulant est comparable à celle de la personne valide assise. Cependant, deux facteurs différencient ces personnes :

  • l’encombrement du fauteuil roulant, qui gêne l’atteinte frontale par l’emprise des jambes;
  • la déficience : paraplégie (paralysie des membres inférieurs), hémiplégie et tétraplégie (paralysie des membres inférieurs et supérieurs).

Pour certains interviennent également :

  • la perte de l’équilibre;
  • l’impossibilité de soulever les avant-bras.

Pour les personnes qui ont des difficultés de coordination des membres ou des déformations de la main, la forme des commandes (boutons, poignées) doit être telle qu’elle puisse autoriser une manipulation approximative.

lg_06.gif (435 octets)lg_05.gif (372 octets)Une personne dont le tronc est immobile, installée dans un fauteuil roulant, ne peut atteindre aisément que ce qui se trouve à une hauteur comprise entre 0,55 m et 1,50 m. De plus, l’atteinte de la personne tétraplégique ne dépasse pas l’enveloppe du fauteuil roulant. Dans ce cas, l’atteinte se limite à la hauteur des accoudoirs. La hauteur conseillée, pour ces personnes, est 0,80 m. Parfois, seul un dispositif de télécommande peut lui permettre de retrouver son autonomie (dessins 0.3.1.a-b-c-d).

des03.gif (7774 octets)

des04.gif (7191 octets)

Les aires de rotation

des05.gif (6985 octets)Le critère d’encombrement et de mobilité du fauteuil roulant doit être pris comme norme minimale pour effectuer des aménagements.

Il s’agit de normes «standard» applicables sans difficulté dans un grand nombre d’espaces publics. C’est pourquoi de nombreuses prescriptions sont associées aux dimensions et aux caractéristiques du fauteuil roulant.

Un espace suffisant pour la circulation d’un fauteuil roulant offre également aux personnes qui se servent d’autres aides techniques une mobilité optimale et, dès lors, un confort accru. Avancer, tourner, se retourner, revenir en arrière avec un fauteuil roulant détermine les caractéristiques des aires de rotation. Ces caractéristiques sont regroupées dans les notions de «passage» et de «rotation».

La largeur minimale d’un passage est de 1,20 m.

lg_07.gif (462 octets)Pour effectuer une rotation à 90°, la surface nécessaire est de 1,20 x 1,20 m (dessin 0.1.1.b).

lg_08.gif (420 octets)Pour effectuer une rotation à 180°, la surface est de 1,50 x 1,50 m (dessin 1.1.1.c). En terme de diamètre, la dimension minimale pour manœuvrer est de 1,50 m et de 1,70 m pour être confortable (dessin 0.4.1.a).

lg_09.gif (472 octets)Le fauteuil roulant à propulsion électrique requiert quant à lui un diamètre pouvant atteindre 1,70 m.

des06.gif (5063 octets)

des07.gif (2796 octets)Les zones de vision

lg_10.gif (421 octets)lg_11.gif (427 octets)L’axe de la zone de vision commune pour une personne debout et une personne assise se situe à +/- 1,40 m (dessins 0.5.1.a et 0.5.1.b).

Une personne aveugle ne peut faire usage des informations présentées que si elles sont doublées par une écriture en relief ou par un signal sonore ou si elles sont transmises oralement.des08.gif (5781 octets)

Les difficultés visuelles

Une personne sur cent est malvoyante, c’est-à-dire qu’elle a une vision amoindrie ou une anomalie visuelle (floue ou tubulaire) qui ne peut être corrigée par des lunettes ou des verres de contact. En tant que piéton, elle s’oriente principalement grâce aux contrastes de couleurs, de formes ou grâce aux différences tactiles du sol.

Une personne sur mille est reconnue aveugle : cécité totale (pas de perception lumineuse) ou fonctionnelle (acuité visuelle égale ou inférieure à 1/10). Le plus souvent, cette personne s’oriente grâce aux informations auditives et tactiles; la canne blanche constitue une aide technique importante.

La plupart du temps, les personnes handicapées de la vue préparent et étudient le trajet à parcourir. Elles circulent en général au milieu du trottoir par crainte des obstacles qui peuvent surgir tant des immeubles que de la voirie. La largeur qui leur est nécessaire pour circuler en toute aisance est de 90 cm et, avec un chien guide, de 110 cm.
Pour reconnaître le chemin, elles balayent le sol de droite à gauche sur toute la largeur du corps à l’aide de la canne pour détecter les obstacles et les lignes de conduite.

Ces lignes de conduite sont formées par des éléments de terrain «naturels» ininterrompus : une rangée de façades, le bord d’une pelouse, une bordure de trottoir, un mur, un grillage élevé à partir du sol, un caniveau dans une rue piétonne, ...
Idéalement, une zone de marche doit être praticable; c’est-à-dire que les trottoirs, les passages et les plateaux doivent être plans, réguliers, sans interruption et antidérapants par tous les temps. Le dégagement des obstacles de la zone de marche est une première étape pour rendre les espaces publics accessibles aux personnes handicapées de la vue. Une deuxième étape est le rétablissement ou la construction de lignes de conduite naturelles, ininterrompues.

Le mode de guidage auditif peut être classé sous deux catégories :

  • le guidage passif fourni par tous les réflecteurs de l’ambiance sonore; ce sont les éléments stables d’une hauteur minimale de 2 m. Il s’agit en général de murs mais peut aussi être une haie de feuillage dense et persistant. Des zones végétales entretenues, de hauteur modeste et placées côté chaussée, augmentent le confort à la marche du piéton aveugle qui dispose ainsi d’une meilleure protection.
  • le guidage actif est constitué par le bruit émis par les véhicules qui circulent sur la chaussée. Ceux-ci permettent au piéton aveugle d’estimer la distance qui le sépare de la chaussée, de s’orienter, de se guider. Le guidage peut aussi être le fait de sources sonores répétées, comme le bruit de pas ou le jeu de fontaines.

Les obstacles doivent être idéalement perceptibles au sol dans leur globalité.

Les difficultés d'audition

Pour les personnes sourdes ou malentendantes, un aménagement adapté de l’espace public est essentiel afin de leur permettre d’y évoluer en toute autonomie. En effet, même si sa déficience ne se manifeste par aucun signe extérieur, la personne sourde ou malentendante est affectée par l’environnement. C’est pourquoi, certains aménagements concrets peuvent faciliter ses déplacements, sachant qu’elle compense son handicap par les signes et son sens du toucher :

  • La lumière naturelle ou artificielle joue un rôle considérable car elle permet d’apprécier des situations dans l’espace. Il faut procurer le maximum de lisibilité, par exemple, par le contraste des couleurs, des formes et des matières. Les malentendants ont recours à la technique gestuelle et labiale pour communiquer. Il est donc très important que la lumière soit bonne pour interpréter les signes du visage et des mains.
  • Le contrôle de l’ambiance sonore est important pour pouvoir capter les sons à l’aide d’un appareil acoustique. Les personnes ont des difficultés pour comprendre les sons et les mots dans un environnement trop bruyant.
  • Les messages d’information sonores doivent être doublés par une transcription visuelle. L’information peut être présentée sous forme de texte ou de symboles. Pour les personnes ayant à la fois des difficultés visuelles et auditives, l’information tactile est un complément important.

Les difficultés d'apprentissage.

La demande d’accessibilité à l’environnement pour les personnes avec des difficultés d’apprentissage est de plus en plus grande. En effet, l’influence pressante du trafic autour d’eux nécessite la prise de décisions rapides, déterminantes et un comportement logique.

C’est pourquoi il est très important que l’environnement construit soit organisé selon un plan d’ensemble simple qui permette à chacun de s’orienter facilement. De plus, ce qui se fait pour les personnes avec des difficultés d’apprentissage peut également servir aux enfants et aux touristes qui ne parlent pas notre langue. Les pictogrammes et équipements pour personnes malvoyantes peuvent également faciliter leur déplacement.

Les convulsions et les allergies

Les convulsions sont généralement provoquées par les crises d’épilepsie pendant lesquelles les personnes sont sujettes aux chutes, risquant ainsi de se blesser. Pour réduire le risque d’accident grave, il convient donc d’éviter, dans la mesure du possible, les arêtes tranchantes et les angles aigus. Les personnes ayant des allergies peuvent être sensibles à la poussière, au pollen, au poil animal, ... Certaines personnes sont sensibles au contact de substances telles que le nickel, le chrome et le caoutchouc. Le choix de plantes et de matériaux appropriés permet de rendre la rue plus accueillante pour ces personnes.

Page : précédente | suivante .


“Avec le soutien de la Communauté européenne - Activités en faveur de l’égalité des chances pour les personnes handicapées”

-| Accueil | Avant-propos | Sommaire | Philosophie | Constats et Analyses |
Recommandations | Exemples de bonnes pratiques | Création |-

© ANLH asbl, octobre1999.