Accessibilité des voiries - un espace public pour tous

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Valoriser un trottoir, c’est principalement lui accorder une largeur suffisante et donner ainsi à tous les piétons le droit à la libre circulation, au confort et à la sécurité.

Les cheminements

Les cheminements horizontaux

Le trottoire et la voie d'accès aux batiments

La largeur

lg_13.gif (436 octets)Toutes les rues et les routes doivent comporter un trottoir praticable. Celui-ci doit offrir une largeur libre de 1,50 m minimum permettant une circulation aisée des usagers, le déplacement d’un fauteuil roulant et le croisement de celui-ci avec d’autres piétons. Cette largeur est aussi indispensable pour le demi-tour complet d’un fauteuil roulant (dessin 1.1.1.c)

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lg_14.gif (426 octets)La largeur nécessaire pour le croisement aisé de deux personnes et l’aire de rotation d’un fauteuil roulant à commande électrique est de 1,80 m (dessin 1.1.1.d).

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Toutefois, ces normes sont fonction de la fréquentaton des lieux, de la densité des flux et de la vitesse de leur débit (sorties d’écoles ou de spectacles, transit de navetteurs), mais aussi fonction des activités riveraines empiétant sur l’espace public (étals, échoppes, terrasses de café ou de restaurant).

En Grèce, la largeur minimale du trottoir doit être de 2,05 m, y compris tout obstacle en saillie de 0,20 m maximum. Ce trottoir doit aussi être muni d’un dispositif anti-stationnement de 0,35 m de largeur par rapport à la bordure.

En France, il est souhaité que les trottoirs aient 2,50 m de large.

La hauteur

lg_16.gif (455 octets)La hauteur libre minimale est de 2,20 m (dessin 1.1.2.a).

Le dévers

lg_17.gif (393 octets)Pour éviter une fatigue inutile surtout aux piétons PMR, les dévers (pentes transver-sales) ne pourront pas dépasser 2 % (des-sin 1.1.4.a).

des11.gif (3717 octets)des12.gif (2962 octets)

Les obstacles

lg_12.gif (446 octets)La largeur du cheminement libre peut être réduite jusqu’à 1,20 m localement au droit d’un obstacle lorsque la voie de circulation piétonne a une largeur inférieure à 2 m. Cependant, cet obstacle doit avoir une longueur maximale de 0,50 m et être placé longitudinalement. De plus, il ne peut y avoir aucun autre obstacle à moins de 1,50 m (dessin 1.1.1.a).

Lorsque la circulation piétonne présente une largeur égale ou inférieure à 2 m, tous les obstacles, à l’exception des barrières de sécurité et des bornes anti-stationnement, sont soit ancrés dans la façade (de préférence au droit des mitoyens), soit placés le plus près possible de l’alignement.
Dans bien des cas, les obstacles pourraient être évités par :des13.gif (4395 octets)

  • un dimensionnement adapté;
  • une meilleure implantation;
  • un regroupement des équipements.

Les sources de danger doivent être éliminées et les longs détours évités.

En France, la règle est plus contraignante :

  • recommandation d’éviter tout obstacle (poteaux, trous, ...) sur les passages,
  • élimination de tout obstacle qui présenterait un danger pour une personne aveugle ou malvoyante.

Dans une rue ordinaire, la bordure classique sépare clairement les trottoirs et la chaussée. Aux endroits stratégiques, des bornes ou des poteaux sont installés pour «offrir» une protection supplémentaire aux piétons (par exemple, contre le stationnement sur les trottoirs).

Les bornes en bois ou en béton, plots ou billes de chemin de fer, sont espacées de 1,50 m et leur hauteur maximale est de 0,80 m. Elles occupent une bande de 50 cm de large dans le profil du trottoir.

La qualité et la texture du revêtement contribuent à l’aisance, à l’allure et au plaisir de la marche. Le comportement du piéton n’est pas le même selon que le revêtement est dur, agressif, lisse ou rugueux.

La nature du sol

Les revêtements

- Le sol doit être le plus plan et sa nature la plus stable possible

Le manque de consistance du sol rend la marche pénible et rend le déplacement en fauteuil roulant difficile. Les sols trop meubles tels que les gravillons, la terre battue, le sable ou l’herbe, sont à proscrire car soumis à l’érosion et sensibles aux intempéries.

- Le revêtement doit être non glissant Un revêtement antidérapant est recommandé afin de maintenir l’adhérence des chaussures, des roues et l’extrémité des cannes et des béquilles même lorsque le sol est mouillé.

Alors que la rugosité du revêtement en béton, asphalte ou terre cuite se maintient généralement dans le temps, l’usure contribue à augmenter l’aspect glissant des pierres par temps humide, particulièrement des pierres calcaires comme la pierre bleue (Belgique).

Dans les situations où l’on craint un aspect trop glissant de ce type de pierre, on peut préconiser :

  • la multiplication des joints liée au choix de dalles de petits formats (10x10 à 30x30);
  • un appareillage mixte : dalles simplement sciées alternant avec des pierres bouchardées, clivées ou des pavés platines;
  • un traitement antidérapant de surface (flammage) ou une taille mécanique.

Les revêtements en pierre dont la surface est produite par éclatement ou refend mécanique posent problème parce qu’ils présentent une macrorugosité inconfortable. Il convient d’être attentif à la fois :

  • aux fondations (voies piétonnes susceptibles d’accueillir des véhicules),
  • aux facilités de remplacement et de réassortissement (à l’occasion d’ouvertures pratiquées par les concessionnaires),
  • à l’entretien régulier des surfaces piétonnes.
Les bons matériaux

Les matériaux les plus adaptés à la mobilité sont :

  • les revêtements bitumeux ou asphaltiques,
  • les dalles de ciment format 30x30,
  • les dalles en pierre naturelle, faces sciées format 15x15 ou face bouchardée à champs sciés format libre,
  • les pavés de béton en divers appareils avec une bonne assise,
  • les bétons coulés et striés.

Ils sont à la fois économiques, non glissants et permettent la réalisation de surfaces gauches pratiques pour la réalisation de bateaux et pentes de rattrapage. La régularité obtenue facilite la marche, offre moins de vulnérabilité aux intempéries et permet un entretien aisé.

La combinaison des matériaux

Le dallage de natures et de formes différentes sur les cheminements piétons et dans les zones à trafic mixte, représente le dessin obtenu avec des revêtements de sol différents qui marquent les limites des parkings et des espaces réservés aux voitures ou aux bus. Il peut accentuer une traversée piétonne et créer le relief pour ralentir la vitesse.

Les différents revêtements, utilisés de manière cohérente et standardisée sur un sol, peuvent aider les personnes aveugles et malvoyantes à se diriger, notamment dans les espaces vastes sans point de repère. Par exemple, le pavé aux joints creux et la dalle lisse constituent des éléments de repérage et de signalisation à la marche. Les pavés peuvent avertir de la présence d’un danger comme un obstacle sur le trottoir ou la limite de celui-ci et le début de la chaussée.

Les creux et les ressauts

Les revêtements à joints larges et creusés sont à éviter

Les revêtements formés de lattes de bois ajourées, les anciens pavés bombés (pavés d’échantillon belge) ainsi que les dalles de pierres grossièrement équarries sont à éviter. Leur irrégularité provoque la fatigue et des risques de chute.

Les écarts tolérés pour l’exécution des joints doivent être inférieurs à 2 cm (1 cm idéalement); la planéité ne peut présenter une différence de relief de plus de 5 mm. On peut toutefois tolérer la pose des pavés mosaïques (7x7 cm), à condition de bien les rejointoyer.

des14.gif (4081 octets)Le revêtement de sol ne doit pas présenter d’obstacles Les dallages disjoints, les surfaces défoncées et les parties en saillie ou en creux bloquent la roue, et risquent de faire trébucher les piétons. Idéalement, les bords des ressauts accusés doivent être arrondis ou munis de chanfrein. Leur hauteur est de 2 cm maximum (dessin 1.1.5.a).

Les trous et les fentes

Il est essentiel que le cheminement ne comporte ni trous ni fentes excédant la largeur de la roue d’un landau, d’un fauteuil roulant ou l’embout de la canne d’un aveugle. C’est pourquoi, il est recommandé de choisir des modèles de grilles dont la largeur des fentes n’excède pas 2 cm.
Les fentes doivent être placées perpendiculairement ou en oblique par rapport au sens de la progression, pour la grille de caniveau à l’entrée d’un bâtiment et la grille d’entourage d’arbres.

Les dalles de repérage (d’orientation)

lg_18.gif (264 octets)Au cas où aucune ligne de conduite naturelle n’est présente, une ligne guide peut être construite grâce aux dalles de repérage. Une telle ligne de conduite artificielle consiste en un matériel de recouvrement (dalles striées en béton) permettant aux utilisateurs aveugles et malvoyants de s’orienter. Elles ont, pour ces personnes, une signification bien particulière.

Le profil de la dalle striée doit être placé un peu plus haut que le recouvrement normal (± 0,5 cm), dans la direction de la marche, en continu et sur une largeur de 60 cm. En outre, elles doivent être placées de manière à être le plus rectiligne possible (dessin 1.1.3.a).

Les dalles d’éveil à la vigilance

lg_19.gif (260 octets)des15.gif (5064 octets)Pour attirer l’attention sur la présence d’une traversée de route ou d’un danger, par exemple un escalier descendant ou un bord de quai, des dalles avec protubérances en béton d’une couleur contrastée par rapport à l’environnement sont recommandées sur toute la largeur de l’obstacle. Cet équipement d’avertissement doit être décelable par la canne blanche et par le pied de la personne handicapée visuelle. Il en existe deux types : les dalles avec protubérances en lignes et protubérances en quinconce. Les premières servent aux changements de direction à angle droit, les secondes à marquer l’arrêt devant un obstacle (dessins 1.1.3.b et 1.1.3.c).

Les dalles en caoutchouc (60x60 cm) ne sont pas recommandées pour leur manque de résistance à l’usure et aux intempéries.

Les bordures

La sécurité du piéton exige qu’une limite matérialisée, aussi claire pour lui que pour l’automobiliste, indique la séparation entre son espace et la voie carrossable. La hauteur maximale des bordures entre la chaussée et une voie de circulation piétonne est de 0,18 m par rapport au niveau de la chaussée.

lg_21.gif (417 octets)S’ils ne peuvent être évités, les ressauts des bordures doivent être bien signalés et présenter des bords chanfreinés à 45°ou, mieux, à 30° lorsque c’est possible. Leur hauteur totale ne peut dépasser 2 cm (dessin 1.1.5.a).

L’écart entre deux ressauts doit rester inférieur à 0,40 m et deux ressauts ne peuvent pas se reproduire à moins de 2,50 m.

Des pentes continues deviennent pénibles sur de longues distances.

Les cheminements en pente

Le cheminement oblique et la rampe d'accès.

La notion de pente

On peut considérer qu’une personne en fauteuil roulant peut franchir une pente de 5% maximum. Au-delà, il s’agit d’un plan incliné.

Lorsque la pente d’un cheminement continu devient trop longue, il faut prévoir, tous les 30 à 40 mètres, une zone de repos, en retrait de la circulation, permettant l’installation d’un banc et le stationnement d’un fauteuil roulant. En cas de déclivité plus accusée, un autre itinéraire, convenablement signalé, est aménagé.

Même sur les terrains escarpés, il faut s’efforcer de respecter les pentes admissibles. Les pentes supérieures à 5% sont déconseillées; sur un cheminement en pente, le fauteuil roulant est soumis à une force qui tend à le déséquilibrer en le faisant basculer en arrière.

Emprunter un plan incliné ou une rampe est indispensable pour les personnes en fauteuil roulant ou avec une poussette voulant franchir une différence de niveau. Pour les personnes plus valides, ce n’est qu’une question de choix, l’escalier ou la rampe, d’après l’opportunité du moment.

Ce double aspect, fonctionnel et subjectif, doit être maintenu lorsque l’on conçoit l’aménagement d’une rampe. Quand la rampe double un escalier, il est souhaitable de ne pas la dissocier visuellement, pour éviter une coupure sociale ségrégative entre ceux qui l’empruntent et les autres.

Pour toute dénivellation supérieure à 2 cm, il convient de prévoir un plan incliné. La largeur de celui-ci doit permettre le croisement aisé d’un fauteuil roulant et d’une autre personne, au mieux, le croisement de deux fauteuils roulants. Des aires de manœuvre de 1,50x1,50 m doivent être prévues à ces deux extrémités.

Toute dénivellation importante doit être doublée d’un plan incliné. La largeur minimale est de 1,50 m pour les cheminements obliques et de 1,20 m pour les rampes d’accès. Dans un cheminement en pente ou dans une rampe d’accès, il ne doit pas y avoir de dévers.

Les pentes

lg_22.gif (390 octets)La pente nécessaire pour franchir une dénivellation doit être inférieure à 5%; un palier de repos est nécessaire tous les 10 mètres.

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En cas d’impossibilité technique d’utiliser des pentes inférieures à 5%, les pentes suivantes sont tolérées exceptionnellement :

  • 7% sur une longueur inférieure à 5 m,
  • 8% sur une longueur inférieure à 2 m,
  • 12% sur une longueur inférieure à 0,50 m (dessin 1.2.1.a).
La nature du sol

Par temps de neige ou de verglas, une accessibilité sans danger doit être conservée. Dans ce but, on utilise, sur les cheminements en pente, un revêtement de sol aux qualités antidérapantes plus marquées, strié de préférence.

Une différence de revêtement indique aux personnes aveugles le début ou la fin du plan incliné.

Les bords latéraux

Les bords latéraux libres de la rampe, des paliers et des aires de repos doivent être garnis d’une bordure d’une hauteur de 5 cm minimum. Cette bordure «chasse-roue» sert à la fois de caniveau latéral et d’élément de blocage pour la petite roue du fauteuil roulant, la canne ou la béquille. Elle sert également d’élément de repérage pour la canne de la personne aveugle.

Les paliers et aires de repos

Un palier de repos est nécessaire devant chaque porte (aire d’approche), en haut et en bas de chaque plan incliné et à l’intérieur de chaque sas.
Il doit être horizontal. Sa longueur minimale est de 1,50 m (hors débattement de porte éventuelle) (dessins 1.2.4.a-b).

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des17.gif (2935 octets)Les garde-corps

Même pour les dénivellations inférieures ou égales à 40 cm, il est recommandé, dans le cas d’une rampe, de prévoir un garde-corps préhensile sur la longueur complète de la rampe.

lg_28.gif (508 octets)Les plans inclinés et les paliers de repos doivent être équipés des deux côtés d’un garde-corps continu, comportant deux mains courantes ou lisses situées à une hauteur de 75 et 100 cm du sol, offrant un appui solide et un glissement aisé de la main. La seconde main courante inférieure d’un plan incliné sera utilement installée pour faciliter la prise en main des enfants et des personnes en fauteuil roulant (dessin 1.2.3.a).

A chaque extrémité d’un plan incliné, les mains courantes sont prolongées de 50 cm. La main courante, ronde ou ovale a un diamètre de 4 à 5 cm. Lorsqu’elle est fixée au mur, un espace d’au moins 4 cm doit être prévu pour permettre une prise aisée et ferme. La main courante comprend un élément tactile facilement identifiable pour indiquer aux aveugles le début et la fin du plan incliné.

Les cheminements verticaux

L'escalier

Les mesures

Pour certaines personnes, l’escalier reste une manière pratique et rationnelle de franchir les dénivellations de terrain. Néanmoins, il doit être conçu afin de limiter au maximum l’effort. A l’extérieur des bâtiments, s’il y a des marches en palier, elles doivent être doublées par un plan incliné.

lg_27.gif (325 octets)des19.gif (4042 octets)A défaut de dispositifs mécaniques ou de rampe pour permettre à une PMR de franchir une différence de niveau, un escalier au moins doit être conforme aux prescriptions suivantes (dessin 1.3.1.a) :

  • Etre suffisamment large pour permettre les dépassements et les croisements de personnes. Cette largeur varie selon l’importance de son utilisation mais ne peut être inférieure à 1,50 m pour un trafic dans les deux sens.
  • La hauteur maximale de la marche varie de 16 à 18 cm, tandis qu’une largeur minimale de giron de 28 à 32 cm permet d’y poser complètement le pied.
  • Les volées d’escalier sont droites; les escaliers tournants sont déconseillés. Les girons et les contremarches doivent de préférence être de même dimension pour tout l’escalier.
  • Une contremarche inclinée est préférable; les marches à clairevoie sont inadaptées.
  • Afin de réduire le risque de trébucher, les nez de marche sont arrondis ou biseautés.
  • Le matériau est choisi pour ses qualités antidérapantes.
  • Une volée d’escalier ne comporte pas plus de 12 marches; lorsque la différence de niveau à franchir dépasse 1,80 m, des paliers intermédiaires de repos sont prévus .
Les dalles d’éveil à la vigilance

Aux extrémités de chaque volée d’escalier, à 50 cm de la première et de la dernière marche, un revêtement de sol en léger relief est installé pour l’éveil à la vigilance des personnes handicapées de la vue. Une bonne visibilité de la première marche dans le sens de la descente est particulièrement importante. Le nez de marche peut être signalé par une opposition de couleur ou de ton (sur une largeur de 10 cm) ou par un effet d’éclairage approprié.

Les garde-corps

Tout escalier de trois marches ou plus doit comporter une main courante préhensile de chaque côté. Ces mains courantes doivent être solides, rigides, continues et placées de part et d’autre de la volée d’escalier. Elles sont constituées de deux lisses à 65 cm et 90 cm de hauteur (du nez de la marche) et se prolongent de 50 cm minimum côté mur au départ et à l’arrivée de chaque volée. Ces lisses sont continues sur le pourtour d’un palier intermédiaire entre deux volées. Leurs hauteurs sur les paliers sont respectivement de 75 cm et 100 cm. Le diamètre de la main courante doit être de 4 à 5 cm et se situer à une distance du mur de 4 à 5 cm.

Des repères tactiles de l’indication des étages à l’attention des personnes aveugles et malvoyantes sont prévus aux extrémités des mains courantes.

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