Accessibilité des voiries - un espace public pour tous

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Le mobilier urbain est nécessaire au confort des piétons (bancs, poubelles, éclairage, ...) mais il remplit également certains services indispensables à la vie quotidienne (feux de signalisation, cabines téléphoniques, distributeurs divers, ...)

Le mobilier urbain

Les qualités du mobilier

Le mobilier doit être intégré à l’environnement : la matière, le volume, la forme et la couleur sont choisis en fonction de l’architecture et de l’ambiance des lieux. Il doit être résistant à l’usure en privilégiant ce qui résiste 30 voire 50 ans.

L’implantation du mobilier doit correspondre à sa fonction; un banc, par exemple, devrait être implanté à l’écart de la circulation automobile, au soleil et face à une vue agréable. Il doit aussi être conçu pour permettre son utilisation par des PMR. Pour cela, le mobilier doit avoir le moins d’emprise possible au sol de manière à en faciliter l’approche. De plus, la hauteur maximale des commandes (feux de signalisation) et des fentes de boîtes aux lettres est de 0,80 m. Une aire d’approche de 90 x 150 cm et une aire de rotation de 150 cm de diamètre doivent être prévues à l’endroit de chaque équipement (dessin 3.1.1.a).

L’accumulation de mobilier au même endroit gêne la progression des flux de piétons et en particulier des PMR. En créant du mobilier polyvalent, on évite cette accumulation, principalement sur les espaces piétons étroits.

En tout cas, le mobilier ne doit jamais constituer un obstacle aux traversées ni interrompre le repérage au sol du cheminement pour les personnes aveugles ou malvoyantes. Celles-ci ont en outre besoin d’un repère au sol signifiant l’existence d’un équipement en hauteur. En effet, les objets du mobilier en saillie sur un mur ou en porte-à-faux sont dangereux. Le repérage de l’encombrement avec la canne de la personne aveugle ne correspond pas à l’encombrement au niveau de la tête. C’est pourquoi, la saillie ne peut pas dépasser 30 cm pour les objets placés à 70 cm de hauteur sur pilier central ou adossé. Le mobilier urbain sera aussi annoncé au sol par la double rangée (60 cm) de dalles de béton à protubérances en quinconce.

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Le mobilier d’équipement urbain

L'abris bus et tram

A Grenoble, certains trams modernes permettent un accès de plain-pied; à Dublin, des bus traditionnels sont munis d’une rampe et, à Bruges, ils sont équipés d’une suspension leur permettant de s’abaisser lorsqu’ils se trouvent à l’arrêt. Puisque les bus et les trams deviennent accessibles aux PMR, y compris à ceux en fauteuil roulant, leurs abris d’attente doivent l’être aussi. Les abris sur socle apparent sont à exclure.

De plus, les PMR doivent pouvoir être parfaitement autonomes pour accéder et quitter aisément les zones d’attente.

Les mesures

Un abri est conçu de façon à être suffisamment large pour accueillir un nombre important de personnes. Il est pourvu de sièges mais aussi d’emplacements libres pour les landaux et permet l’accès des personnes en fauteuil roulant. Il est équipé d’une structure de protection contre les intempéries et la visibilité de l’arrivée des véhicules y est maximale. Les parois en verre doivent toutefois aussi être signalées à hauteur des yeux (1,07 m et 1,35 m). 3.1.

En Belgique, la règle générale à appliquer est le placement d’un abribus «standard» d’une superficie de 8 m 2 , d’une profondeur de 1,60 m, d’une hauteur de 2,50 m et comportant maximum deux dispositifs de publicité de 2 m 2 chacun. Dans les zones d’attente étroites, il est souhaitable de dédoubler les abribus ou d’en installer à parois latérales réduites avec supports publicitaires dissociés.

L’emplacement d’un abri sur un trottoir doit ménager, entre celui-ci et la chaussée, une largeur suffisante pour l’accès d’un fauteuil roulant. Le passage libre à l’avant des abris destinés aux usagers des transports en commun est de minimum 1,20 m. Lorsque les circonstances locales l’imposent, cette distance peut être réduite à minimum 0,90 m.

La cabine téléphonique et le distributeur automatique

Lorsque le téléphone est mis à la disposition du public, un appareil au moins doit être disposé de manière à être utilisable par les PMR. Pour cela, la cabine téléphonique, intérieure ou extérieure, doit permettre à la personne en fauteuil roulant de se placer devant le combiné et d’utiliser le dispositif.

Les mesures

A l’extérieur, la cabine, généralement vitrée, possède une bonne isolation du bruit et une protection contre les intempéries. Un emplacement de 0,90 x 1,30 m minimum, libre de tout obstacle et hors débattement de porte, est nécessaire. Le passage libre souhaité est de 90 cm et au minimum de 85 cm. La porte doit être facilement manœuvrable, en une ou deux sections. La hauteur maximale des poignées de portes est comprise entre 0,90 et 1,30 m (dessin 3.1.1.b) .

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Il est préférable d’appliquer, pour toutes les cabines, un niveau de sol de plain-pied avec le trottoir. Si ce n’est pas possible, le seuil ne peut pas dépasser 2 cm. Il est recommandé de prévoir l’utilisation du téléphone en position assise (grâce à un siège amovible par exemple). A l’intérieur des bâtiments, la cabine est remplacée par une «coque»; l’approche est autant frontale que latérale.

L’appareil

Il est installé sur une tablette sans rebord dont la face inférieure est à 75 cm du sol et la face supérieure ne dépasse pas 80 cm; sa profondeur est de 60 cm. La face de l’appareil est située en retrait de 20 cm du bord de la tablette. Celle-ci déborde de 30 cm de part et d’autre, latéralement. La hauteur des dispositifs les plus élevés nécessitant une manipulation ne dépasse pas 110 cm du sol. Il est recommandé de prévoir des facilités d’utilisation pour les personnes handicapées visuelles et/ou auditives (repérage tactile, ...). L’appareil est muni de touches mesurant 1,5 cm de côté avec système d’amplification du son. Un crochet permet de déposer le combiné momentanément pour pouvoir réaliser les opérations d’une seule main.

Les feux de signalisation

des38.gif (4907 octets)Avant tout, le phasage des feux de signalisation doit permettre la traversée de PMR qui se déplacent lentement. Il doit aussi être adapté aux personnes aveugles par une signalisation acoustique. Un signal indique l’autorisation de passage (rythme lent = rouge, rythme rapide = vert). Si la traversée est simple et que le côté opposé en est aussi équipé, ce système permet également de s’orienter. De plus, il influence le comportement des usagers valides en les rendant plus attentifs.

des39.gif (2190 octets)La signalisation acoustique est installée en complément aux signaux tactiles. Elle présente l’avantage de ne pas devoir tâtonner pour en disposer. Néanmoins, elle peut constituer une nuisance (bruit) et un danger lorsque plusieurs signaux sont simultanément installés sur un même carrefour compliqué ou lorsque la traversée se fait en deux fois et à des moments différents. Un moyen relativement coûteux permet d’adapter automatiquement l’intensité du son à celle du bruit ambiant (dessins 3.2.4.a-b).

 

Le petit mobilier d’équipement

des42.gif (2230 octets)La boîte postale et les dispositifs de commandes

La boîte aux lettres doit être accessible en fauteuil roulant. Pour cela, une distance minimale de 0,90 m devant la boîte est laissée. Cette distance est facile à obtenir en orientant la boîte plutôt vers le cheminement que vers la chaussée. La fente se situe à 0,80 m du sol (dessin 3.1.4.a).

Les poubelles

Les poubelles ont un accès situé à maximum 0,80 m du sol. Leur implantation sur pied ou accrochée ne doit pas encombrer les espaces piétons (dessin 3.2.2.a).

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Le banc public

L’installation fréquente de sièges fixes et de bancs en bordure des itinéraires piétons est vivement recommandée pour autant qu’ils ne gênent pas la circulation piétonne. Les possibilités de repos sont une nécessité pour tous et à fortiori pour les PMR. Une distance de 50 à 200 m, suivant les endroits, entre deux sièges successifs est conseillée.

Les mesures

Le banc a une hauteur d’assise de 45 cm minimum et doit être le moins creux possible. Il est muni d’un accoudoir à chaque extrémité pouvant servir d’appui. Lorsque des sièges fixes et des bancs sont mis à la disposition du public, une aire de repos de 90 x 150 cm est à prévoir d’un côté du banc pour le stationnement des personnes en fauteuil roulant. Cet espace sera desservi par une aire d’approche (aire de rotation) de 150 cm de diamètre (dessin 3.2.1.a).

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La barrière - la clôture

Les portes, grilles, portillons ou barrières utilisées dans l’environnement extérieur peuvent constituer des obstacles importants à la libre circulation des personnes handicapées.

Les mesures

des43.gif (5212 octets)Toutes les portes présentent une largeur libre de passage de 0,90 m. Lorsqu’il est nécessaire d’établir une chicane, le passage doit au moins offrir une ouverture minimale de 1,20 m. La barrière est placée à un minimum de 0,35 m du bord de la chaussée (dessin 3.2.3.a). Les barrières ne peuvent présenter aucun élément en saillie qui pourrait être source d’accident. Les barrières (garde-fous) doivent être placées à une hauteur de 1 m du sol. En cas de danger, des barres supplémentaires seront placées. 

Les barrières doivent comporter un élément bas situé à moins de 40 cm du sol afin d’être facilement détectées par une canne de personne aveugle. Les chaînes faisant office de barrière sont souvent dangereuses aussi bien pour les personnes malvoyantes que pour les cyclistes. Leur manque de rigidité fait qu’elles ne présentent que peu d’utilité.

Le guichet

Devant les guichets, les tables ou les écritoires, une tablette doit être située à une hauteur accessible pour une personne en fauteuil roulant.

Les mesures

Le guichet accessible est équipé d’une tablette dont la face inférieure est au moins à 75 cm du sol et la face supérieure au plus à 80 cm du sol. La profondeur libre sous la tablette est d’au moins de 60 cm.

Le symbole

Les bâtiments, équipements et emplacements adaptés et/ou réservés aux personnes handicapées sont signalés par le symbole international d’accessibilité. Toute utilisation abusive ou erronée de cette signalisation doit être évitée. Lorsqu’ils ne se confondent pas avec le cheminement du public, les cheminements accessibles aux PMR doivent être signalés en indiquant la distance à parcourir, le détour à effectuer et le degré d’accessibilité. La signalisation horizontale (signaux au niveau du sol) est efficace mais présente l’inconvénient d’une trop grande visibilité dans la cité, à l’encontre des souhaits d’intégration des personnes handicapées.

La signalisation routière

L’accumulation d’éléments routiers sont source de confusion. L’espace urbain doit être simplifié pour permettre à chacun de s’orienter facilement. La signalisation qui déborde sur le lieu de passage doit être à une hauteur de 2,20 m minimum. Les signaux de police doivent être limités en nombre et regroupés sur un mât unique. Seuls les signaux obligatoires et ceux justifiés par des conditions locales de sécurité sont mis en place. Les propriétaires riverains sont tenus de permettre l’ancrage dans la façade de leur immeuble de tous les équipements d’utilité publique, tels que les panneaux de signalisation, supports d’éclairage, parcmètres ou autres.

Le mobilier d'information

Le panneau d’affichage

D’importantes informations sont à la disposition du voyageur : lieux des arrêts, heures d’arrivée et de départ, sortie, ... Ces informations sont inutilisables pour beaucoup de personnes malvoyantes, soit parce qu’elles sont placées trop haut ou trop loin, soit parce qu’elles sont indiquées dans un caractère trop petit. Or, ces informations devraient être disponibles sous différentes formes : en braille, sur disquettes ou sur cassettes sonores mais aussi en grands caractères. des44.gif (3314 octets)Le manque d’informations auditives dans les stations et dans les véhicules présente un problème majeur, par exemple, pour reconnaître le numéro de la ligne ou son terminus.

Certaines règles sont incontournables :

  • La hauteur de l’axe pour un panneau d’affichage est de 1,40 m (dessin 3.3.2.a); Les dispositions prises pour assurer aux PMR l’usage des services sont affichées de manière visible dans un lieu accessible.
  • Le rapport entre la taille des lettres et la distance de lecture;
  • Des symboles d’une grandeur suffisante, dépendant de la distance à laquelle ils doivent être lus : >/= 250 mm jusqu’à 10 m >/= 400 mm jusqu’à 20 m >/= 750 mm jusqu’à 50 m
  • Un contraste suffisant entre l’information et l’arrière plan;
  • Des symboles compris de façon évidente, combinés avec des couleurs classiques : bleu pour l’information, vert pour la sécurité, jaune pour le risque, rouge pour le danger et l’urgence;
  • Au niveau des grandes agglomérations, le centre-ville et les grandes zones d’attractions peuvent être dotées d’affiches regroupant toutes les informations pratiques. Celles-ci peuvent être utilement complétées par des plans d’orientation. Il est préférable d’implanter ces affiches et ces plans aux points d’aboutissement des parkings réservés, des transports en commun, des centres commerciaux ... Un guide, à obtenir sur demande, reprend l’ensemble de ces zones.
  • Au niveau de la commune ou d’une petite agglomération, un document distribué dans toutes les boîtes aux lettres, également adressé aux associations et établissements en contact avec les PMR, permet de réunir toutes les informations sur les cheminements et les lieux accessibles dans un périmètre connu et utilisé fréquemment. Le document a l’avantage de pouvoir compléter les informations, nuancer le degré d’accessibilité, indiquer l’emplacement du mobilier ... Il convient de remettre à jour ce document selon les modifications apportées à l’environnement. Une version pourrait exister en relief.

L'éclairage des espaces publics

Lumière et éclairage sont très importants pour les personnes handicapées de la vue. Tous les personnes malvoyantes n’ont pas les mêmes exigences en matière d’éclairage : certaines ont besoin de lumière supplémentaire tandis que d’autres n’en supportent que peu.

Des recommandations générales sont d’application :

veiller à avoir un espace éclairé de façon uniforme en maintenant des contrastes suffisants;des45.gif (39474 octets)

  • éviter tout éblouissement;
  • éviter toute réverbération; en plus d’être dérangeante, elle peut se confondre avec l’objet qu’elle reflète (marches d’escalier);
  • un bon rapport entre éclairage de base et éclairage renforcé, entre l’environnement immédiat et l’environnement plus lointain.

Les arbres

Lorsqu’un arbre est planté sur le trottoir, il faut préférer la plantation en pleine terre parallèle à la chaussée, en veillant à ne pas gêner les piétons. Une grille est utile, non seulement pour protèger le pied de l’arbre du tassement et du piétinement mais surtout pour permettre la circulation aisée des piétons, y compris ceux en fauteuil roulant (cfr prescriptions sur les «trous et fentes»).

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